
El Hassan Benmahmoud est né à Sidi Ouassay, sur la côte atlantique du Souss, au sud du Maroc. Après avoir longtemps parcouru l'Afrique de l'Ouest au gré des grands chantiers, il consacre aujourd'hui sa plume à célébrer ce continent, ses peuples et sa parole, à travers une série de romans nés chacun d'un proverbe africain.
Il a grandi là où le vent de l'océan se mêle au sable du désert, et où une zaouïa veille depuis des siècles sur la mémoire des hommes. C'est là qu'a commencé, sans qu'il le sache d'abord, l'histoire qu'il porte.
Car son arrière-grand-père n'était pas de cette terre. Enfant, il fut enlevé à la ville de Kita, au Mali, emmené à travers le Sahara, et jeté sur les rivages du Souss comme on jette une graine au vent. De lui, El Hassan Benmahmoud tient un sang venu de l'autre rive du désert, et une question qui ne l'a jamais quitté : « D'où venons-nous vraiment ? »
La vie a voulu qu'il devienne, à son tour, un homme des routes. Responsable logistique dans le domaine des travaux publics et des grands ouvrages, il a parcouru bien des pays — arabophones, anglophones —, mais ce sont huit pays francophones d'Afrique de l'Ouest qui ont marqué son âme à jamais : le Mali, le Sénégal, la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et le Niger. Il y a vécu au plus près des peuples, partagé leurs plats et leurs veillées, écouté leurs langues et leurs sagesses. Et un jour, en 2006, ses pas l'ont conduit jusqu'à Kita — la ville de son aïeul —, où il a compris qu'il n'était pas un étranger sur cette terre, mais un fils qui revenait.
De retour au Maroc, son pays natal, riche de tout ce que ces années lui avaient donné, il a voulu que rien ne se perde. Alors il a pris la plume — non pour raconter sa seule vie, mais pour célébrer cette Afrique qui lui a tant appris : ses peuples, ses traditions, et surtout sa parole, ces proverbes que les anciens se transmettent de bouche à oreille, et dans lesquels tient plus de sagesse que dans bien des livres.
De cette quête est né son premier roman, Celui qui a voyagé est plus âgé que son père — l'histoire d'un voyage à travers l'Afrique et d'un secret de famille enfin dévoilé, portée par la voix d'un conteur. C'est le premier d'une longue veillée : car désormais, chacun de ses romans naîtra d'un proverbe africain, et en déploiera la vérité à travers une histoire. C'est là le cœur de son travail d'écrivain : tenir vivante, pour ceux qui viennent, la voix des conteurs d'autrefois.
Né au bord de l'océan, il lui est resté fidèle. Quand il n'écrit pas, c'est au bord de la mer qu'il puise son inspiration : dans la pêche, les couchers de soleil, les bruits des vagues et les chants et cris des oiseaux marins. C'est là que sa mémoire se rafraîchit et que reviennent les histoires. Il vit aujourd'hui à Casablanca, où il poursuit son travail et son écriture.
« Les racines ne sont pas des chaînes, elles sont la terre d'où l'on s'élève. »
Ce proverbe, El Hassan Benmahmoud l'a forgé lui-même. Il en a fait la devise de son œuvre — car toute son écriture tient dans cette conviction : connaître d'où l'on vient n'enferme pas, cela élève. Nos origines, même les plus douloureuses, ne sont pas des chaînes qui nous retiennent, mais la terre ferme d'où l'on peut enfin s'élever vers le ciel.
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